Étudiant.e.s et entrepreneur.euse.s : un équilibre possible avec Pépite !

Un atelier consacré à l’entrepreneuriat étudiant.e s’est tenu autour du dispositif Pôle Pépite Clermont Auvergne lors du salon Lux, le salon des industries culturelles et créatives de Clermont-Ferrand qui s’est renouvelé pour sa deuxième édition, les 10 et 11 décembre 2025.
L’objectif ? Mieux comprendre comment transformer une idée en projet concret, tout en conciliant études, contraintes économiques et incertitudes.

Au-delà de la simple présentation d’un programme d’accompagnement, la rencontre a surtout permis d’interroger un sujet plus large : en quoi l’entrepreneuriat étudiant peut-il être un outil de développement personnel  ? Retour sur les enseignements de cet atelier.

✦ Le Dispositif Pépite

Intégré au réseau national Pépite France, le Pôle Pépite Clermont Auvergne accompagne les étudiant.es et jeunes diplômé.es dans la construction et la consolidation de leur projet entrepreneurial. Accompagnement personnalisé, accès au Diplôme d’Étudiant-Entrepreneur (D2E), maintien d’un statut étudiant, possibilité de substituer son projet à un stage : le dispositif offre un cadre structurant à celles et ceux qui souhaitent se lancer sans renoncer à leur parcours académique.

Un point essentiel a été souligné lors des échanges : entreprendre pendant ses études n’est pas une aventure incompatible avec le cursus universitaire. Consacrer quelques minutes par jour à son projet peut suffire à enclencher une dynamique durable. Grâce à un suivi régulier, les étudiant.es ne sont pas laissé.es seul.es face aux décisions à prendre.

Dans la salle, les profils se mêlaient : certains avaient déjà lancé leur auto-entreprise, d’autres n’en étaient qu’à l’idée. C’est justement l’un des points forts du dispositif : accueillir tout le monde, quel que soit le degré de maturation des projets.

Apprendre en se confrontant au réel

Plutôt qu’un simple temps de présentation, l’atelier a misé sur la mise en situation. Réparti.es en groupes de cinq à six, les participant·es ont travaillé sur des scénarios inspirés de situations réellement vécues par des étudiant.es accompagné.es par le Pôle Pépite Clermont Auvergne. Face à des problématiques concrètes (imprévus juridiques, retards de travaux, offre qui ne trouve pas son public) chaque groupe devait analyser la situation et proposer des pistes d’action. Les échanges ont rapidement montré qu’en entrepreneuriat, il n’existe pas de solution unique, mais des choix à argumenter et à assumer.

Une vidéo témoignage venait ensuite confronter les hypothèses des groupes à la réalité du terrain. Les entrepreneur.es concernés partageaient leurs décisions, leurs doutes et les ajustements opérés, rappelant qu’un projet évolue souvent bien loin du scénario initial. Finalement, l’atelier a permis de mieux saisir les enjeux concrets de l’entrepreneuriat étudiant et de comprendre qu’avec un cadre structuré, entreprendre pendant ses études est une possibilité réelle et encouragée.

Décider, s’adapter, continuer

Faire face à une opposition de marque

Premier scénario : “…vous venez de déposer votre nom de marque, et vous recevez un avis d’opposition. Un courrier, et des mois de travail se retrouvent fragilisés”.

Dans les groupes, les réactions ont fusé : inquiétude, doute, frustration. Faut-il lâcher ? Se battre ? Trouver un arrangement ? Passé l’émotion, les questions de fond ont émergé : l’autre entreprise était-elle là avant ? Les activités se recoupent-elles vraiment ? Y a-t-il un risque réel de confusion dans l’esprit des clients ?

Audrey Lavau, fondatrice de Galaded, en sait quelque chose. Confrontée à une opposition d’une entreprise américaine au nom très proche – Galagade -, elle a choisi de ne pas rester seule face au problème. Avec l’appui du Pôle Pépite, elle a trouvé un avocat pour la défendre. Même face à un second avis d’opposition, elle n’a pas lâché.

Quelques semaines plus tard, un accord était signé. Son logo, sa zone géographique, son secteur d’activité : rien de tout cela n’était remis en cause. La seule contrainte ? Ne pas s’aventurer sur le terrain des jeux vidéo ou des contenus vidéo, domaine de l’entreprise américaine. Une limite raisonnable, pour une marque préservée.

À noter : déposer un nom de marque coûte environ 150€. 

Entre idéal et réalité : gérer un projet de tiers-lieu

Le deuxième cas touchait à quelque chose de très concret : comment gérer des travaux quand le budget est serré ?

Les échanges ont vite révélé un grand classique : l’écart entre ce qu’on imagine et ce qu’on vit vraiment. On se dit qu’on va peindre soi-même, qu’on va tenir les délais, qu’on va maîtriser les coûts. Et puis les imprévus arrivent : un mur à reprendre, du matériel qu’on n’avait pas prévu, une fuite au mauvais moment.

Le Lunilys Café l’a vécu de près. Les fondatrices ont dû revoir leur planning et faire face à des dépenses imprévues. Ce qu’elles en retiennent : toujours prévoir une marge. Pas par pessimisme, mais par réalisme.

Adapter son offre : le droit à l’essai

Le dernier cas soulevait une question que beaucoup d’entrepreneur.euse.s finissent par se poser : et si mon offre ne parlait pas à mon public ?

Dans le scénario présenté, des ateliers d’écriture pour enfants ne décollaient pas. Pas parce que l’idée était mauvaise, mais parce que le format ne convenait pas. Trop cadré, trop scolaire pour les enfants, ce n’était pas un moment de plaisir, mais une tâche de plus.

Emma Hofner est passée par là. Plutôt que de s’obstiner, elle a revu sa copie : plus de jeu, plus de liberté, un format qui laisse de la place à la spontanéité. Ce qui ressemblait à un échec est devenu un point de départ.

Son témoignage rappelle quelque chose d’essentiel : se remettre en question, ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est une compétence. Tester, ajuster, recommencer, c’est justement ça, entreprendre.

S’adapter pour durer

À travers ces trois situations, un fil rouge s’est imposé : entreprendre, c’est avant tout savoir s’adapter.

Mais ce qui ressort aussi clairement, c’est le rôle clé de l’accompagnement. Être entouré, c’est moins douter, mieux décider, et oser se lancer même quand on ne se sent pas encore légitime. L’inclusion dans l’entrepreneuriat, ce n’est pas juste ouvrir une porte, c’est s’assurer que chaque personne a les moyens de la franchir.

Les candidatures au dispositif Pépite pour 2026 ouvriront entre mai et juin. Une date à retenir et surtout une invitation à voir l’entrepreneuriat étudiant pour ce qu’il est vraiment : un parcours possible, structuré, et loin d’être réservé à quelques audacieux.

Article rédigé par le projet collectif du Master DPEC MLSN
à l’Université Clermont Auvergne dans le cadre de LUX#2